SOS planète en danger
SOS PLANETE
La poudrière à méthane explosera-t-elle?
Enfin, comment ne pas reparler d'un élément tapi au fond des océans, peut-être le plus dangereux pour le climat : les hydrates de gaz, des glaces qui emprisonnent de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre vingt fois plus « efficace » que le gaz carbonique. « Les estimations parlent de 500 à 2 500 milliards de tonnes enfouies dans les océans, explique Jérôme Chappellaz, directeur de recherche CNRS au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble. Or les 5 milliards de tonnes de méthane présentes dans l'atmosphère sont à elles seules responsables de 20 % de l'effet de serre d'origine humaine. » Autant dire qu'un dégazage même partiel du méthane océanique pourrait bouleverser l'atmosphère pour quelques décennies. « En théorie, un réchauffement des océans peut provoquer la fonte d'une partie des hydrates de gaz », affirme Benoît Ildefonse, chercheur CNRS au Laboratoire de tectonophysique de Montpellier et président du comité scientifique français de l'Integrated Ocean Drilling Program. Que se passerait-il ? Deux possibilités, à l'image de l'ouverture d'une bouteille de champagne : « Soit le dégazage est lent et progressif, et l'essentiel du méthane aura alors le temps de se dissoudre dans l'océan ; soit l'éruption est violente et nous pourrions assister à des modifications radicales de notre atmosphère en quelques mois », analyse Jérôme Chappellaz. Les données des carottes de glace polaire indiquent que les dégazages de ces 150 000 dernières années se seraient déroulés de la première manière. Mais les spécialistes continuent d'incriminer les hydrates océaniques pour le gros coup de chaud d'il y a 55 millions d'années, qui a mis 200 000 ans à s'estomper. Quid de l'avenir ? « Deux effets s'affrontent, poursuit Jérôme Chappellaz. Le réchauffement, donc, qui pourrait déstabiliser les hydrates. Mais aussi la hausse du niveau de la mer : en profondeur, la pression augmente, ce qui a tendance à stabiliser les réserves d'hydrates. "
Dernière révélation en date sur les liaisons dangereuses des océans avec le climat : les volcans de boue sous-marins pourraient eux aussi rejeter du méthane dans l'atmosphère. En effet, une étude récente, menée notamment par l'Ifremer, a montré que l'un d'eux émettait par phases d'importantes quantités de méthane dont une bonne part pourrait atteindre l'atmosphère. Une preuve que l'on est encore loin de connaître précisément l'influence de l'océan sur celle-ci. Et une raison supplémentaire de le prendre très au sérieux sur le grand échiquier du climat.
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Cette page est extraite d'un article édité par le journal du CNRS (N°198 - Juillet-Août 2006/Océan et climat).
http://www.thalassa.france3.fr/thalassa-emission-climat.php?id_article=1678&id_rubrique=177
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La Terre sans nous
Comment la nature réagirait-elle si l'être humain disparaissait soudainement? En reprenant ses droits comme si de rien n'était, répond un nouveau livre. Les tunnels des métros seraient submergés en quelques jours, les routes et les gratte-ciel ne tiendraient que quelques années.
Bien sûr, les environs des centrales nucléaires deviendraient radioactifs à cause d'explosions à
Les gratte-ciel s'écrouleraient en quelques années, tout comme les routes, puisque les anciennes rivières reprendraient leurs cours. Les animaux domestiques ainsi que les fruits et légumes adaptés à la culture disparaîtraient rapidement. Les réacteurs nucléaires et les complexes pétrochimiques exploseraient, suscitant des mutations importantes dans la faune et la flore des environs. Les grands mammifères reviendraient sur tous les continents. Seule consolation: rats et blattes péricliteraient parce qu'ils ne bénéficieraient plus de nos ordures et de nos immeubles chauffés. Le legs le plus durable de l'humanité? Le plastique, qui resterait pendant des centaines de milliers d'années.
Un professeur de journalisme de l'Université de l'Arizona, Paul Weisman, vient de publier un livre expliquant comment la nature reprendrait possession de la Terre si l'humain cessait subitement d'exister. The World Without Us, publié en français sous le titre Homo disparitus, présente une évaluation structurelle des villes modernes tout en dénonçant l'impact de l'homme sur
L'aventure de M. Weisman a commencé en 2003, alors qu'il fuyait des incendies de forêt au chalet d'un ami, dans l'État de New York. «Une éditrice du magazine Discover a réussi à me joindre pour me demander d'écrire un article sur la réaction de la nature à la disparition soudaine de l'homme, explique-t-il en entrevue téléphonique. Elle avait lu un article que j'avais écrit sur la faune qui avait envahi Tchernobyl après l'évacuation due à la catastrophe nucléaire. Ça lui avait donné l'idée d'une nouvelle manière d'aborder la dégradation de la planète par l'homme. Rapidement, je me suis rendu compte que peu de gens avaient abordé ce sujet. Curieusement, les deux essais portaient sur Londres. J'ai compris qu'il fallait que j'écrive un livre.»
Changements rapides
Les changements seraient rapides et inexorables. Les animaux domestiques et les végétaux cultivés par l'homme disparaîtraient rapidement, incapables de survivre sans notre aide. Les grands mammifères reconquerraient tous les continents - Darwin estimait qu'il y avait 20 millions d'éléphants en Afrique avant l'arrivée des Blancs, et il n'en reste qu'un demi-million. Les villes seraient recouvertes par les forêts en moins d'un quart de siècle, à cause des incendies et des infiltrations d'eau. Les ponts dureraient un peu plus longtemps, particulièrement ceux qui ont été construits avant
Pour illustrer la rapidité avec laquelle la nature reprend ses droits, M. Weisman donne l'exemple des dernières voies de métro surélevées de New York, qui ont été abandonnées en 1980 et qui sont maintenant couvertes de ronces. Il se rend aussi à Chypre, dans une station balnéaire inaugurée juste avant le conflit de 1974 et qu'il était impossible de restaurer dès la fin des années 70.
Le détail le plus frappant concerne toutefois les tunnels des métros, qui seraient inondés après quelques jours à peine. À Montréal, une centaine de pompes retirent des tunnels jusqu'à 12 millions de litres d'eau par jour.
Une bataille rangée opposerait les plantes rustiques et étrangères. «Pour ce qui est de la vigne, je pense que les espèces rustiques l'emporteraient. Mais certaines espèces étrangères gagneraient certainement aussi.» Une lutte sans merci aurait également lieu entre les moustiques et les grenouilles, affaiblies par un champignon vorace apparu chez les espèces de laboratoire.
Convictions écologistes
Au fil des pages, on sent les convictions écologistes de M. Weisman. Ainsi, il se moque de notre impatience, qui nous pousse à construire des maisons économiques avec du placoplâtre plutôt que des blocs de pierre. Il évoque le «massacre» de centaines de millions d'oiseaux qui meurent sur les tours de télécommunications et les fils électriques. Il disserte longuement au sujet des méfaits du plastique. Il dénonce un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui abaisse le nombre de victimes de Tchernobyl, parce que l'Agence internationale de l'énergie atomique y a collaboré. Et il lance une flèche aux banques et à l'industrie de la construction, qui sous-estiment les coûts d'entretien des maisons pour nous pousser à devenir propriétaires.
D'ailleurs, l'entreprise n'est pas innocente. Il termine son livre en présentant le plan d'un démographe russe qui propose de limiter la procréation à un enfant par femme pour diminuer la population mondiale. «C'est vrai, j'ai la conviction profonde que nous courons à notre perte, admet-il. J'ai écrit ce livre sans moralisme, pour établir les faits. Mais à la fin, je pense que le lecteur est mûr pour ma prescription. Je pense qu'il n'y a pas d'autre solution que la décroissance démographique. Il vaut mieux abaisser nous-mêmes notre population plutôt que de le laisser faire par des guerres, des catastrophes environnementales et des épidémies.»
Pense-t-il réellement que la population mondiale accepterait de n'avoir qu'un enfant par famille? A-t-il lui-même des enfants? «J'avais un enfant mais il est mort, répond-il après un silence. J'aime les grandes familles. Après ma femme, la personne que j'aime le plus est ma soeur. Mais je crois qu'il y aurait bien assez d'enfants en adoption et d'orphelins pour satisfaire les besoins de tout le monde.»
HARA-KIRI
Plusieurs organismes, dont le Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité, affirment que la seule manière de sauver la Terre est de se faire hara-kiri. Sur son site, vhemt.org, l'organisme de l'Oregon affirme que la fin de la procréation est la seule manière d'éviter les guerres entourant les ressources comme l'eau, qui iront en s'aggravant. De plus, sans enfants, fini les parents qui perdent tragiquement leurs enfants et la délinquance juvénile. Earth First, une autre ONG plus combative, propose quant à elle l'utilisation de «tous les instruments disponibles», jusqu'à la guérilla environnementale, pour protéger les dernières régions sauvages de
LE COMPTE
À l'Université d'Oxford, l'Institut pour l'avenir de l'humanité calcule les risques d'une extinction catastrophique de la race humaine. La dernière évaluation est d'une possibilité sur un milliard chaque année. C'est-à-dire qu'il y a une possibilité sur 10 millions (davantage qu'à la loterie) que l'humanité soit exterminée du jour au lendemain dans les 100 prochaines années. Dernière en date parmi les causes possibles de l'apocalypse:
CONTROVERSE SUR LA
Selon l'une des thèses les plus importantes sur lesquelles Paul Weisman appuie son livre, l'homme est responsable de l'extinction des grands mammifères d'Amérique survenue il y a 13 000 ans. Mais d'autres paléontologues pensent que des virus ou des changements climatiques ont pu causer cette extinction. «En effet, les causes sont probablement multiples, concède M. Weisman. Mais il reste que, chaque fois que l'homme est apparu sur un continent, les grands mammifères se sont éteints peu après. En Amérique, on peut penser que les glaciations ont poussé les grands mammifères vers de petits refuges autour des fleuves, où les chasseurs ont pu facilement les exterminer. Sans glaciation, pas d'extinction. Mais l'homme est tout aussi indispensable.»
LE SUCCESSEUR DE L'HOMME
Si l'homme disparaissait, qui le remplacerait? Quel primate acquerrait le premier la capacité du langage et maîtriserait l'agriculture? Paul Weisman pense que les chimpanzés en seraient les plus susceptibles, au fil de quelques millions d'années. «On parle souvent de l'intelligence des singes bonobos, dit-il. C'est vrai qu'ils sont plus intelligents que les chimpanzés. Mais ils sont aussi trop pacifiques. Leur nombre périclite à cause de cela. Les chimpanzés sont plus agressifs, ils prendraient probablement pied dans tous les écosystèmes d'Afrique et finiraient par migrer ailleurs, dans des environnements plus difficiles, où il devraient évoluer pour s'adapter.»
Le sida est-il la revanche de la nature sur l'homme? Il est possible que la raison de la vulnérabilité de l'homme devant ce virus, auquel les chimpanzés ont résisté, se trouve dans les mutations génétiques responsables de l'intelligence. Seulement 4% de notre code génétique est différent de celui des singes les plus évolués, et là se trouve la clé de l'énigme.
LA NATURE SANS L'HOMME
Que se passerait-il si l'homme disparaissait du jour au lendemain? Alain Weisman, professeur de journalisme à l'Université de l'Arizona, a imaginé les étapes que suivrait la nature pour reprendre ses droits sur la planète dans son livre The World Without Us, publié en français sous le titre Homo disparitus.
Deux jours après la disparition de l'homme
Les métros de plusieurs villes, dont celui de Montréal et de New York, sont inondés parce que les pompes qui vident les tunnels ne fonctionnent plus.
Sept jours
Les réservoirs de carburant diesel d'urgence qui refroidissent les réacteurs nucléaires sont épuisés. Les centrales explosent.
1 an
Les rues des villes nordiques, comme Montréal, sont couvertes de nids-de-poule.
De deux à quatre ans
Les mauvaises herbes envahissent rues et trottoirs. Les racines des arbres se dirigent vers les égouts, qu'elles briseront en seulement quelques années.
Quatre ans
Les gratte-ciel commencent à s'écrouler en raison des infiltrations d'eau qui ont affaibli leur structure métallique.
Cinq ans
Des incendies allumés par la foudre dans le bois mort des parcs ravagent les villes.
20 ans
Les toits des maisons commencent à s'effondrer. Les plus résistantes dureront un siècle.
25 ans
Les ruisseaux et marais ont regagné leur lit d'origine dans les villes.
300 ans
Les ponts suspendus s'écroulent.
500 ans
Des forêts matures recouvrent les villes
600-700 ans
Les ponts à arches s'écroulent
5000 ans
Les capsules métalliques des bombes thermonucléaires sont fissurées et laissent s'échapper le matériau radioactif.
35 000 ans
Les effets de la pollution par le plomb ne sont plus perceptibles.
100 000 ans
L'impact des gaz à effet de serre est devenu imperceptible.
250 000 ans
La radiation des infrastructures nucléaires est redevenue assez faible pour se confondre avec la radiation naturelle.
Quelques milliers d'années
Les seules structures qui résistent encore sont le tunnel sous la Manche et les sculptures représentant les présidents américains sur lemont Rushmore. Les pyramides ont finalement succombé aux outrages des ans parce qu'elles sont dénuées de leur protection de marbre depuis les invasions arabes. Les bâtiments de pierre couverts de marbre, dans les villes occidentales, ont survécu longtemps parce que la pollution a cessé de les attaquer.
Quelques centaines de milliers d'années
Des microbes acquièrent la capacité de dégrader le plastique, la dernière trace de l'homme.
http://www.cyberpresse.ca:80/article/20070728/CPENVIRONNEMENT/707280528/6108/CPENVIRONNEMENT
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Les Faucheurs volontaires sont toujours là
OGM . Réunis à Riec-sur-Bélon dans le Finistère, 500 faucheurs volontaires relancent des actions contre les cultures OGM et réclament un moratoire.
Dans ce climat de sondages favorables au gouvernement Sarkozy, beaucoup tentent de nous faire croire que la France, d'un seul homme, suit son nouveau chef. Des nouvelles des Faucheurs volontaires réunis ce week-end à Riec-sur-Bélon dans le Finistère nous apportent un peu d'air frais. Non seulement, ces citoyens opposés à la culture des OGM en plein champ bougent encore mais ni les peines de prison avec sursis ni les dommages et intérêts que la justice leur réclame et qui atteignent des sommets ne les font reculer. Ce week-end, ils étaient 500 à décider des nouvelles actions à mener. José Bové a prévenu : si le gouvernement ne décide pas rapidement d'un moratoire sur les OGM, « des actions aux formes multiples vont continuer et s'intensifier, dont des actions de fauchage dans les champs. Ça fera partie des joies de l'été ».
Il faut dire qu'il y a urgence. Le maïs est en fleur, la pollinisation et la contamination des parcelles OGM sur le reste des cultures sont en cours. « Et le gouvernement est directement responsable des
Aujourd'hui même, une action est prévue en Bretagne. Mardi, une marche partira de Privas en Ardèche pour arriver trois jours après à Villeneuve-de-Berg. Tout au long du parcours, les Faucheurs volontaires indiqueront au public le positionnement de trois parcelles de maïs de semence OGM, soit
Le mouvement, qui n'est pas une association, ne sera pas invité au Grenelle de l'environnement prévu en octobre. L'association Greenpeace a prévenu, samedi, qu'elle n'y participerait pas si le moratoire sur les OGM n'était pas contenu dans les négociations. José Bové, sous la menace d'une incarcération pour quatre mois ferme pour avoir fauché en juillet 2004 « un pied de maïs », a précisé qu'il ne se cachait pas, qu'il était chez lui. Mais que la prison « pourrait avoir des conséquences importantes », notamment sur la tenue du Grenelle de l'environnement.
Maud Dugrand
http://www.humanite.fr:80/2007-07-23_Societe_Les-Faucheurs-volontaires-sont-toujours-la
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